Yama dans les postures de yoga

 

Les 5 Yama sont les devoirs moraux élémentaires envers les autres comme envers soi-même (attitudes justes fondamentales).

 

On peut chercher à les retrouver dans la pratique des asânas.

 

Voici quelques propositions :

 

 


Ahimsa

ahiṃsā signifie ne pas tuer ou blesser des êtres vivants, en pensées, en sentiments, en paroles ou en actes, directement, indirectement ou par consentement (c'est la non-violence telle que l'a montrée Gandhi, l'Amour universel enseigné par Jésus ou Bouddha).

Dans notre pratique, c'est faire ses postures sans blesser son corps, avec beaucoup d’amour, de respect et de sensibilité pour lui.

Dans une posture, on devient violent quand on n’est plus à l’écoute de son corps. Quand on force pour « gagner » quelques centimètres de souplesse. On cherche à oublier les douleurs physiques au lieu de placer sa conscience dans la sensibilité des étirements afin de les relâcher.

Si on est vraiment à l’écoute des messages envoyés par notre corps, on ne peut plus être violent contre soi-même.

Cette attitude se manifeste ensuite dans notre comportement avec les autres.

 

Satya

satya est la vérité. ça signifie avoir une vue impartiale sur les choses, les comportements, les événements. 

Pour nous, ce sera observer les postures objectivement, avec impartialité. Être honnête avec soi-même. Être vrai. Faire SA posture, en fonction de SON propre corps, des ouvertures acquises ou de ses blessures passées. Discerner ce qui est juste (c.à.d. ce qui ouvre, ce qui étire, agrandit, allège, ce qui est aligné, équilibré, et qui permet à l'énergie de circuler sans entrave) ;  discerner ce qui est juste de ce qui ne l’est pas (ce qui referme, rétrécit, contracte, durcit, bloque la circulation de l'énergie).
Rester vrai avec ce qu’on peut faire, sans comparaison avec les autres, sans jugement ni appréciation.

Juste être là, en vérité, dans SA vérité.

 

Asteya

asteya c'est discerner ce qui est légitime de ce qui ne l'est pas (respect de la propriété, absence de vol, honnêteté, probité). Ne plus convoiter ce qui ne nous appartient pas. C’est ne pas être jaloux de ce que les autres possèdent, ni chercher à l’obtenir à tout prix.

Faire les postures sans chercher à avoir le corps (ou la beauté, la souplesse ou la force) d’un autre. Ne pas s’accaparer une posture qu’on n’est pas encore capable de réaliser (par ex., toucher ses pieds en Pachimottanasana (la pince) en courbant le haut du dos, alors que le bas du dos n’avance pas, c’est « voler » la posture véritable en croyant pouvoir la posséder. Dans une posture telle que adho mukha svanasana (chien tête en bas) par ex., quand on se rend compte qu’un côté du corps est en train de supporter ce que l’autre côté n’accepte pas, on pratique Asteya. C’est la recherche du travail équitable des 2 côtés du corps (en symétrie parfaite) pour trouver son axe.

Pour réaliser Asteya (le discernement) dans une posture que vous n’arrivez pas encore à faire, vous aurez besoin d’Ahimsa (non-violence) et de Satya (la vérité).

Brahmacarya

brahmacarya : comportement qui mène au Brahman (l’Absolu). C’est le contrôle des sens et des passions. C’est utiliser sa force vitale pour faire ce pour quoi on est fait, et faire ce qu’on doit faire (Dharma).

Nous devrons  choisir des activités en rapport avec notre pratique du yoga, choisir des relations paisibles et constructives, être modéré dans nos activités, dans ce que nous mangeons, notamment avant les séances de Yoga.

Dans un cours collectif, c’est ne pas se laisser « distraire » par les autres personnes, ou rentrer dans des jeux d’apparence ou de séduction. C’est regarder les autres comme des « frères » ou des « sœurs » travaillant comme nous, sans entretenir aucun désir lié à la domination, l’attraction ou la répulsion.

Dans les postures, c’est faire appel à son énergie mentale et vitale plutôt qu'à son énergie musculaire, pour "tenir" quand c’est long et difficile.

A des niveaux plus avancés de la pratique, c’est parvenir à conserver et faire monter l’énergie sexuelle dans les centres spirituels supérieurs, en vue de l'ouverture du Cœur, du développement de l’intuition et de la clarté d’esprit.

 

Aparigraha

aparigraha c'est rester libre du superflu et des possessions (non-possessivité, non avidité). Il ne faut pas le comprendre comme une privation, mais comme un gain de liberté vis-à-vis des biens matériels.

Se traduit essentiellement dans les postures, par toutes les ouvertures du corps (mains, coudes, épaules, poitrine, orteils, arrière des genoux, plis des aines frontales ...).

C’est l’accompagnement conscient des expirations et la possibilité de rester poumons vides sans paniquer. Au moment des inspirs, c’est ne pas être trop « avide », désapprendre à en vouloir toujours plus.

C’est entretenir la ferme conviction qu’on a en nous toutes les ressources pour créer ou pour trouver tout ce dont on peut avoir besoin.

L’apprentissage de ces ouvertures nous aide à lâcher prise sur nos émotions, sur nos croyances erronées, sur l'idée que nous possédons des biens matériels qui nous sont indispensables.

C’est aussi apprendre progressivement à lâcher les supports de yoga dont nous n’avons plus besoin. Une personne libre de ses mouvements n'a pas besoin de béquilles pour marcher.


Jean-Louis Lepreux, professeur au Studio

30 avril 2016

 

 

Comprendre Yamâ et Niyamâ

 

 

Niyama dans les postures de yoga

 

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