Yama et Niyama


 

Les 2 premiers des huit membres du Yoga (Ashtanga Yogasont listés dans les Yoga sûtras II-30 et II-32, puis expliqués dans les suivants :

  • Yamâ (conduite dans la société),
  • Niyamâ (comportement personnel).

Régles morales de la société et des individus, ce sont aussi de très puissants outils de développement personnel qui visent à pacifier le mental, pour permettre à la conscience d'accéder aux autres niveaux de la réalité.

 

Ils devraient être mis en œuvre avant de commencer les postures (âsanas).
Réciproquement, les postures vont nous aider à pratiquer Yamâ et Niyamâ.

 

 

 


But de la pratique de Yamâ et Niyamâ


Que nous en soyons conscients ou non, nos émotions (désirs, colère, avidité, arrogance, jalousie, ... ), perturbent notre équilibre et entraînent des comportements plus ou moins moraux. Ces réactions instinctives vont engendrer de la souffrance, d'autres désirs pour tenter d'échapper à cette souffrance, de l'incompréhension, des colères, de nouvelles angoisses...

 

Pour rompre ce cercle vicieux, pour aller vers notre nature profonde faite de bonheur et de liberté, le Yoga nous propose la pratique des Yamâ et des Niyamâ. Cette pratique devrait commencer avant l'étude des Asânas (postures) et des autres branches du Yoga. 

 

Yamâ et niyamâ sont la base du Yoga. Ces pratiques vont progressivement transformer le mental, pour qu'il devienne moins dépendant de nos émotions involontaires. Les émotions apaisées vont nous permettre d'agir plus calmement dans la vie, de moins réagir de manière incontrôlée aux circonstances extérieures, et finalement de trouver plus de liberté (paradoxe de la soumission à une discipline choisie, afin de développer sa liberté). Le mental va se calmer, s'éclaircir, et permettre progressivement à la lumière de notre compréhension, de nous éclairer sur notre véritable nature.

 

 


Yamâ - conduite dans la société


Les pratiques incluses dans Yamâ sont des règles éthiques de comportement en société.

 

C'est la fondation de la vie yoguique.

 

Ces cinq règles sont appelées les "Grands vœux universels". Ils ne sont limités ni par la condition sociale, ni par le lieu, ni par le temps. Ces règles peuvent être respectées par tous, en toutes circonstances. Si tout le monde les mettait en pratique, il n'y aurait plus aucun conflit nulle part !

 

Les 5 Yamâ sont :

  • ahimsâ : non-violence en pensée, en parole et en action, conduisant à l'amour inconditionnel
  • satya : sincérité, véracité. Être vrai en toutes circonstances
  • asteya : honnêteté, non-vol (abstention de s'approprier indûment les biens d'autrui)
  • brahmacarya : continence, contrôle des sens
  • aparigrahâh : absence d’avidité, du désir d'acquérir. Utilisation du strict nécessaire, sans esprit de possession

Ce qui importe dans la pratique des Yamâ n'est pas la privation par elle-même, mais l'apprentissage du détachement vis à vis des passions et des penchants égoïstes.

 

Yamâ prépare l'étape suivante du Niyamâ.

 

 

Yamâ dans les postures de yoga

 

voir les Yoga Sûtra

 


Niyamâ - comportements personnels


A la différence des Yamâ qui concernent plutôt des choses qu'on ne doit pas faire (des évitements), les Niyamâ nous incitent à des pratiques positives et constructives, des choses à mettre en œuvre pour transformer notre vie.

 

Les Niyamâ  vont organiser la vie de l'aspirant yogi, pour le préparer à la rigoureuse discipline du Yoga sur laquelle il s'engage ...

 

Les 5 Niyamâ sont :

  • sauca : propreté, purification externe et interne
  • santosa : contentement, joie intérieure, équanimité vis à vis des opposés
  • tapah : zèle dans la quête spirituelle, autodiscipline, austérité, ascèse
  • svâdhyâya : étude de soi et des textes conduisant à la connaissance du Soi (les Écritures, textes sacrés)
  • Îsvara pranidhânâ : abandon de soi au Soi suprême, à la Réalité éternelle

 

Ces pratiques d'autodiscipline construisent peu à peu la personnalité du Chercheur spirituel.

 

  

Niyamâ dans les postures de yoga

 

voir les Yoga Sûtra

 

 

 


Les 2 natures de Yamâ et Niyamâ


On remarquera que Yamâ et Niyamâ sont deux pratiques de nature différentes.

 

Pour vivre les observances des cinq Yamâ, l'étudiant spirituel va s'efforcer d'agir de manière particulière, face aux événements et incidents qui se présenteront à lui dans la vie. Le nombre et les caractéristiques de ces événements, dépendra naturellement des circonstances extérieures.

 

Les Niyamâ au contraire, impliquent des pratiques volontaires, régulières, répétées quotidiennement, quelles que soient les circonstances dans lesquelles on va se trouver.